Dès qu’une marque vous paie pour parler de son produit pendant un live, vous exercez une activité commerciale, et pas seulement un loisir. Ce cadre change vos obligations, pour les lives comme pour les vidéos.
Quelles règles appliquer, et à partir de quand ? Nous faisons le point sur ce que la loi attend de vous en 2026.
Quand un streamer devient-il influenceur commercial ?
Vous exercez une activité d’influence commerciale dès que vous mobilisez votre notoriété auprès de votre audience contre rémunération pour diffuser un contenu qui promeut des biens, des services ou une cause.
Un live entre dans ce cadre s’il remplit ces mêmes conditions. Une promotion payée en direct compte donc autant qu’une vidéo publiée. Vérifiez avant chaque diffusion si un partenaire vous paie pour parler de son offre.
Indiquez « publicité » ou « collaboration commerciale » dès que l’intention commerciale ne se voit pas. La mention doit être lisible sur le support : à l’écran pendant le live, ou dans la description de la vidéo.
Vos revenus de promotion se déclarent comme les autres dès qu’ils sont imposables, même si vous avez un emploi à côté.
Si vous facturez vos partenaires en micro-entreprise, voyez si la facturation électronique vous concerne.
Quel régime fiscal et social pour les revenus de streaming ?
Lives et partenariats en BNC
Pour vos lives et vos partenariats, le micro-BNC est le régime à retenir. Déclarez vos recettes hors taxes de l’année sur la 2042-C-PRO, sans retirer vos frais réels.
Un abattement de 34 %, avec un minimum de 305 €, s’applique ensuite pour calculer votre revenu imposable. Pour les démarches de départ, voyez notre guide complet pour devenir influenceur.
En activité mixte, deux plafonds s’appliquent, et vous devez les surveiller ensemble.
| Critère | Chiffre d’affaires total | Part des prestations de services |
|---|---|---|
| Ce qui est compté | Toutes vos recettes de l’année | Uniquement les recettes de prestations de services |
| Plafond à ne pas dépasser | 203 100 € | 83 600 € |
| Ce qu’il faut faire | Additionnez tous vos revenus | Isolez les recettes de prestations |
Produits dérivés en BIC
Vos ventes de produits dérivés (t-shirts, mugs, stickers) relèvent des BIC. Pour la vente de marchandises, l’abattement est de 71 % : 71 % de vos recettes sont retirés avant le calcul de l’impôt.
Une prestation de services BIC, elle, ouvre un abattement de 50 %. Gardez donc les recettes des ventes et celles des prestations séparées, car chaque part reçoit son propre abattement.
Comment gérer la TVA et la facturation selon son chiffre d’affaires ?
Pour les prestations de services, les seuils de franchise de TVA sont de 37 500 € et 41 250 €. Le premier se regarde sur votre chiffre d’affaires de l’année précédente, le second sur celui de l’année en cours.
Vérifiez les deux avant de facturer sans TVA. Si l’un des deux seuils est dépassé, la TVA s’ajoute à vos factures.
Pour la mention à choisir selon le pays de votre client, consultez les obligations de facture électronique et retenez ces trois points :
- Client assujetti à la TVA dans l’Union européenne : facturez sans TVA française, avec la mention « autoliquidation ».
- Client assujetti à la TVA hors de l’Union européenne : facturez sans TVA française, avec la mention « TVA non applicable, art. 259-1 du CGI ».
- Factures électroniques : recevables depuis le 1er septembre 2026 pour les assujettis, émises dès le 1er septembre 2027 par les micro-entreprises.
Quel contrat et quelles mentions pour un partenariat sponsorisé ?
Dès que la rémunération et les avantages en nature dépassent 1 000 € HT, faites un contrat écrit. Ce seuil compte pour toutes les prestations d’une même campagne.
Ce contrat doit préciser l’identité et les coordonnées de chaque partie, son pays de résidence fiscale, les missions, la rémunération et la valeur des avantages. Pour le suivi de vos comptes, voyez les tarifs comptables 2026 en profession libérale.
Avant d’accepter une offre, vérifiez que la marque est nommée et que votre mention est claire. Certains secteurs sont interdits : nicotine, certaines interventions esthétiques, abonnements à des pronostics sportifs, produits financiers et actifs numériques, sauf exceptions encadrées.
Pour les jeux d’argent, la publicité n’est permise que sur une plateforme où l’exclusion des moins de 18 ans est activée. Ajoutez une mention claire d’interdiction aux mineurs. Le contrat doit aussi vous engager à respecter ces règles.
Que transmettent les plateformes au fisc et que déclarer soi-même ?
Les plateformes transmettent chaque année au fisc les informations sur les opérations de leurs utilisateurs. Elles le font au plus tard le 31 janvier de l’année suivante.
Pour les ventes de biens entre particuliers, la transmission commence à partir de 20 opérations dans l’année ou lorsque les sommes reçues dépassent 3 000 €.
Un seuil atteint ne rend pas la somme imposable : il déclenche seulement l’envoi de l’information au fisc.
Les données transmises ne vous dispensent pas de déclarer. Déclarez vous-même chaque revenu selon sa nature, et gardez les preuves :
- Les lives et partenariats ne se déclarent pas comme des ventes de marchandises, même s’ils figurent dans la déclaration préremplie.
- Séparez vos ventes de marchandises de vos prestations : pour un compte dédié, voyez le comparatif des comptes pro en ligne.
- Conservez les relevés de paiement et les contrats, qui justifient chaque montant en cas de contrôle.
Quelles sanctions en cas de manquement à la transparence ?
Une promotion sans mention claire peut être qualifiée de pratique commerciale trompeuse. Le spectateur doit savoir qu’il regarde une collaboration payée, pas un avis libre.
Si le contexte ne montre pas déjà cette intention, votre silence trompe l’internaute. Indiquez-le clairement dès le début du live ou de la vidéo.
Les peines sont lourdes, voici les sanctions possibles :
- Violer certaines interdictions de promotion expose à deux ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende.
- Une pratique commerciale trompeuse, comme une collaboration sans mention, est punie des mêmes peines.
- Certaines infractions peuvent aussi entraîner une interdiction provisoire ou définitive d’exercer.
- Avant chaque publication, vérifiez la mention ; pour votre statut, voyez comment créer une micro-entreprise.
Quels cas particuliers faut-il vérifier ?
Un artiste-auteur déclaré en BNC avec un numéro Siret paie lui-même ses cotisations, et aucun précompte n’est retenu sur ses revenus.
Ce statut ne s’applique pas automatiquement à vos revenus de streaming ou de publicité. Tout dépend de la nature de votre activité et de vos revenus, donc vérifiez-le avant de choisir votre régime.
Ne le confondez pas avec le micro-BNC de vos lives : le calcul de vos cotisations diffère.
Deux situations demandent une vérification particulière :
- Si un diffuseur vous rémunère comme artiste-auteur, il doit en principe retenir vos cotisations sur la somme versée. C’est le précompte. Il ne le fait pas si vous lui remettez une dispense de précompte.
- Le diffuseur doit aussi faire ses déclarations périodiques, puis sa déclaration annuelle nominative au plus tard le 31 janvier de l’année suivante.
- Si vous avez aussi un emploi salarié, déclarez les revenus de votre activité indépendante selon leur nature.
- Gardez une séparation claire entre votre salaire et vos recettes professionnelles.
Retenez l’essentiel : dès que vous mobilisez votre notoriété auprès de votre audience, contre rémunération, pour promouvoir un bien, un service ou une cause, vous exercez une activité d’influence commerciale. Live ou vidéo, même règle.
Votre prochain pas : avant chaque diffusion, vérifiez si un partenaire vous paie. Si oui, ajoutez la mention et faites le contrat écrit.